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Blog étudiant en médecine, externe, interne , carabin

Un jour.

2 semaines à peine et les stages me manquent.. même si je n'aimais pas ce que j'y faisais, même si je m'y ennuyais, je les regrette déjà. Je n'avais réalisé qu'à moitié que c'était une soupape de sécurité. Presque indispensable. Se fondre parmis les blouses blanches, s'occuper l'esprit avec des choses concrètes, se laisser gagner par l'agitation, permettait de se sentir presque humain et de garder un semblant de vie sociale. Si je n'avais pas trouvé une parade, j'irais les supplier à genou de me reprendre.

Cette semaine est une espèce de transition, où seule, entre mes quatres murs, je me retrouve confrontée au silence. Je regarde inquiète, la pile de livre interminable sur mon bureau et la jolie boîte remplie de papiers colorés matérialisant l'immensité du savoir à acquérir.

Je pourrai aller à la BU (bibliothèque universitaire) pour estomper cette solitude pesante mais je déteste cet endroit. Il y règne une atmosphère oppressante où la culpabilité s'exacerbe quand autour de toi, tu constates douloureusement que les autres travaillent avec facilité pendant que tu te débats avec tes bouquins. J'ai passé des après midi à relire 50 fois la même page, surligner (colorier) des fiches, l'esprit ailleurs, occupée à regarder les alentours. Observer un étudiant se lever de sa chaise pour aller prendre un café me semblait 1000 fois plus fascinant que la tache à accomplir et dans les moments où je parvenais enfin à me concentrer, il y avait toujours des potes pour venir discuter ou proposer de faire une pause. Je préfère encore la solitude à l'improductivité obligatoire (pour les gens comme moi) de la BU.

Pour pallier au découragement et à l'échec assuré si les choses devaient rester telles quelles, ma sous colleuse et moi avons fait un programme pour les 9 dernières semaines. Une éternité ou une fraction de seconde selon l'humeur. C'est rassurant d'organiser et de planifier sa pensée sur du papier, avec la certitude que si le planning est respecté, il y a des chances que ça fonctionne. Ou du moins, tu auras fait de ton mieux. On se verra tous les jours, parfois les matins pour s'obliger à se lever, parfois les après midi et des fois toute la journée. Un moyen de panser les coeurs meurtris par le temps et de briser la solitude.

Avant le final, une dernière après midi de liberté, gangrénée par mon amie culpabilité, desserrant quelques instants ses puissants liens qui me lacèrent la peau et dessinent des cicatrises invisibles. Goûter à un passé oublié et retrouver un peu de normalité pendant quelques heures. Acheter des trucs compulsivement pour remplir un vide infini. Refaire le plein de cahiers et de stylos, avant de se retrouver derrière des barreaux imaginaires imposés.

Mon cerveau travaille à plein régime ces temps ci. Impossible de trouver le sommeil. Je converse avec les heures silencieuses de la nuit. Mon esprit incontrolable profitant de ces instants pour se barrer dans tous les sens, m'empêchant de lâcher prise et de glisser paisiblement dans les bras de Morphée. Des idées me traversent, des illusions naissent. J'envisage des possibilités interdites. J'imagine comment ce sera après. Ou encore je me vois là bas, à des milliers de kilomètre. Quand enfin je m'endors, je rêve. Je n'ai jamais autant rêvé. De tout. Et je me réveille rattrapant les mots clés qui s'échappent, sachant qu'au lieu de me réfugier dans l'insouciance  des moments de répit offerts par la nuit, mon esprit a continué malgré moi à résoudre des cas cliniques..

Un jour. Bientôt. Ce sera terminé. Une boucle sera bouclée. Peu importe comment. Ce jour là, je serai vraiment libre. SANS culpabilité. Ce poids visqueux et brûlant. Qui grignote tout. Mon coeur, mes poumons.

Je pourrai passer un week end à rien faire, sans aller en conf ou en concours blanc. Du moins, pour quelques temps.

 

Concours blanc ce week end pour sceller cette triste semaine.

 

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