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Blog étudiant en médecine, externe, interne , carabin

La fin.

J'ai changé de secteur depuis lundi. De quoi briser un peu la monotonie.

Parmi les patients venant pour des réeducations post prothèse (la majorité), ceux venant pour des soins de dermato, il y a quelques lits de soins palliatifs intégrés dans l'aile dédiée à l'oncologie. Ce sont de grandes chambres, très spacieuses et très lumineuses par rapport aux autres. Il y a même des tableaux et des cadres colorés accrochés aux murs. Un écran de fumée pour dissimuler la triste réalité. 

Dans nos bouquins, la définition des soins palliatifs est plutôt simple. "Prise en charge globale, pluridisciplinaire consistant en des soins actifs et continus, visant à soulager la douleur, améliorer la qualité de vie, soulager la souffrance physique, psychique et sociale d'un patient en fin de vie"

Dans l'une de ces chambres, il y a monsieur X : patient âgé de 45 ans, une petite fille de 9 ans, une histoire de vie un peu compliquée le laissant aujourd'hui amer face à sa solitude. Cela avait commencé il y a quelques mois par de simples maux de tête et quelques vomissements. Monsieur X a laissé traîner même si il se sentait de plus en plus fatigué.  Et puis brutalement, un matin, il s'est retrouvé paralysé du côté gauche et ne pouvait plus parler. Une IRM encéphalique et une biopsie de la lésion plus tard, le diagnostic était tombé : Glioblastome. Après une réunion de concertation pluridisciplinaire, la chirurgie étant inenvisageable, un traitement par radiothérapie cérébrale est décidé. Sans effet. C'est à partir de là, que l'on peut voir écrit clairement sur le dossier : "Prise en charge palliative".

Chaque matin, nous entrons dans sa chambre inondée par les rayons du soleil matinal. Il y a un dessin de sa fille sur le mur qui se trouve en face de lui. Nous nous approchons doucement et  faisons face à un corps décharné, pâle et immobile, étendu dans un lit trop grand. Monsieur X reste silencieux mais il suffit d'un regard pour comprendre le fond de sa pensée. Il sait et il attend. Je m'efforce de sourire, tandis que notre chef attrape délicatement son poignet. Nous le saluons et lui posons ces 2 questions : "Avez vous mal?" "Avez vous des questions ?" Un non à peine audible s'échappe de ses lèvres. Les traits de son visage émacié semblent apaisés. Un léger silence s'installe, alors nous repartons en fermant la porte doucement, jamais très sûres de le revoir le lendemain.

La seule image que j'avais des soins palliatifs étaient celles des hommes en blouson vert de l'hôpital. C'est eux qui venaient voir les patients les plus graves dans les services où j'étais déjà passée. Mes rares confrontations avec la mort se résumaient jusqu'à présent à des corps froids, inertes et déjà sans vie. Je n'avais jamais appréhendé les jours qui la précèdent, cette drôle de sensation presque palpable qui flotte dans l'air et dont on se protège en refermant vite les portes de ces grandes chambres.

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